vous êtes
britannique


Fiscalité

En l’absence de ratification de l’accord de retrait, les titres éligibles au titre du plan d’épargne en actions devront être émis par des sociétés ayant leur siège dans un Etat membre de l’Union européenne ; les dons à des organismes sans but lucratif (OSBL) britanniques n'ouvriront plus droit à la réduction d'impôt au titre du mécénat ou à la réduction d'impôt sur la fortune immobilière ; les règles relatives aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine détenu au Royaume-Uni seront modifiées.


Vous êtes concerné si vous détenez des titres britanniques dans votre plan d’épargne en actions (PEA) ; si vous êtes éligible au dispositif de l’exit tax en transférant votre domicile au Royaume-Uni ; si vous souhaitez effectuer des dons à des OSBL ; si vous possédez du patrimoine immobilier au Royaume-Uni. 

Vous n’avez pas trouvé les réponses à vos questions sur cette page ? Vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : brexit.entreprises@finances.gouv.fr


  • Imprimer

questions

les plus fréquentes


  • Quelle sera la situation du Royaume-Uni au regard des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine ?
  • En l'absence de ratification de l'accord général de sortie, trois cas de figure, qui peuvent se recouper, doivent être envisagés.

    Résidents de France percevant des revenus de source britannique : le contribuable est soumis, sur ses revenus du patrimoine et ses produits de placement, à une imposition fiscale et sociale illimitée en France sous réserve des stipulations de la convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008 qui prévoient notamment que les contribuables concernés bénéficieront d'un crédit d'impôt égal à l'impôt britannique pour les plus-values immobilières ou d'un crédit d'impôt égal à l' impôt français pour les revenus fonciers. Les prélèvements sociaux étant couverts par la convention fiscale, l'impôt payé au Royaume-Uni pourra s'imputer sur les prélèvements sociaux le cas échéant.)

    Résidents britanniques percevant des revenus immobiliers de source française : les revenus immobiliers (revenus fonciers et plus-values immobilières) sont par principe soumis aux prélèvements sociaux en vertu du droit interne. En application de la convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008, le Royaume-Uni devrait considérer que les prélèvements sociaux français ouvrent droit à un crédit d'impôt qui s'imputera sur l’impôt britannique calculé sur les mêmes revenus.)

    Quel que soit le lieu de résidence, les personnes qui ne sont pas à la charge d’un régime obligatoire français de sécurité sociale mais qui relèvent d’une législation sociale soumise aux dispositions du règlement européen (CE) n° 883/2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale sont visées par une disposition introduite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 qui les exonère de contribution sociale généralisée (CSG) et de contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) assises sur les revenus du patrimoine et les produits de placement.L’exonération de CSG et de CRDS s’applique selon les modalités prévues par la loi à l’ensemble des personnes non-affiliées en France qui relèvent d’un régime obligatoire de sécurité sociale au Royaume-Uni. En l'absence de ratification de l'accord général de sortie, ces personnes ne bénéficieront plus de l’exonération dans la mesure où la législation sociale britannique ne serait plus soumise aux dispositions du règlement européen précité.

    Enfin, le prélèvement de solidarité assis sur les revenus du patrimoine et les produits de placement sera maintenu à l’issue de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) pour tous les redevables, que ces derniers relèvent ou non d’un régime obligatoire de sécurité sociale au Royaume-Uni.


  • Puis-je continuer à faire des dons à des organismes sans but lucratif (OSBL) britannique et continuer à bénéficier de la réduction d'impôt pour mécénat/ de la réduction d'impôt sur la fortune immobilière ?
  • En l'absence de ratification de l'accord général de sortie, les dons et versements versés au profit des organismes sans but lucratif (OSBL) dont le siège est situé au Royaume-Uni n'ouvriront plus droit à la réduction d'impôt au titre du mécénat ou à la réduction d'impôt sur la fortune immobilière.

    Pour mémoire, les seuls organismes étrangers éligibles sont ceux dont le siège est situé dans un État membre de l'Union européenne (UE) ou dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales.


  • Comment s'appliquera le dispositif de l'exit tax pour les transferts de domicile vers le Royaume-Uni (domicile déjà transféré ou transfert de domicile à venir) ?
  • En l'absence de ratification de l'accord général de sortie, le dispositif dit d’exit tax prévoit que le transfert de domicile fiscal hors de France entraîne l'imposition immédiate à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux des plus-values latentes constatées sur les droits sociaux, valeurs, titres ou droits, des créances trouvant leur origine dans une clause de complément de prix et des plus-values en report d'imposition (article 167 bis du code général des impôts).

    Un sursis de paiement est accordé de plein droit lorsque le contribuable transfère son domicile fiscal hors de France dans un État membre de l’Union européenne (UE) ou dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales et une convention d'assistance mutuelle en matière de recouvrement. Dans les autres cas, le sursis est accordé sur demande expresse du contribuable et moyennant la constitution de garanties.

    Cela étant, l’article 51 du projet de loi de finances pour 2019 prévoit, pour les départs intervenant à compter du 1er janvier 2019, d'étendre le bénéfice du sursis de paiement de plein droit, sans constitution de garanties, aux départs vers tout État ou territoire ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales ainsi qu'une convention d'assistance mutuelle en matière de recouvrement.

    Par suite, dans la mesure où le Royaume-Uni remplirait cette condition à l'issue de sa sortie de l’UE, le sursis de paiement automatique continuerait de s'appliquer.


  • Quel sera le régime d'imposition de la plus-value immobilière réalisée par un vendeur particulier devenu résident de France lors de la cession de son ancienne résidence principale au Royaume-Uni ?
  • En vertu de la convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008, l'ensemble des plus-values immobilières réalisées par un résident de France sont prises en compte à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, que l'immeuble cédé soit situé en France ou au Royaume-Uni. Cependant, dans cette seconde hypothèse, ce contribuable bénéficie d'un crédit d'impôt égal à l'impôt britannique payé sur le même gain et imputable sur l'impôt français correspondant. Dans l'hypothèse où la plus-value immobilière de source britannique serait exonérée, aucun crédit d'impôt ne serait accordé en France en application de cette convention fiscale franco-britannique. Toutefois, l'exonération bénéficiant à la cession de résidence principale est susceptible de s'appliquer lorsque le bien a constitué la résidence principale occupée par le cédant jusqu'à sa mise en vente, qu'il est resté libre de toute occupation jusqu'à la vente et que la cession intervient dans un délai normal (cf. §190 du BOI-RFPI-PVI-10-40-10 pour l'appréciation de ce critère).


  • Je détiens des titres britanniques dans mon PEA, que se passe-t-il après le Brexit ?
  • En l'absence de ratification de l'accord général de sortie, pour être éligibles au plan d'épargne en actions (PEA) et au PEA pour les petites et moyennes entreprises (PEA-PME), les titres doivent notamment être émis par des sociétés ayant leur siège dans un État membre de l'Union européenne (UE) ou dans un autre État partie à l'Espace économique européen (EEE) ayant conclu avec la France une convention fiscale qui comporte une clause d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l'évasion fiscale ou une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales (4° du I de l’article L. 221-31 du code monétaire et financier).

    Cette condition tenant au siège social de la société émettrice des titres s’apprécie en permanence.
    En conséquence, dans l'hypothèse où à l'issue de sa sortie de l’UE le Royaume-Uni ne serait pas partie à l'accord sur l'EEE, les titres émis par des sociétés britanniques ne seront plus éligibles aux PEA et PEA-PME.

    La détention dans le PEA ou dans le PEA-PME de tels titres constituerait dès lors un manquement aux règles de fonctionnement du plan entraînant en principe sa clôture (article 1765 du code général des impôts).
    Toutefois, la doctrine administrative admet, pour éviter la clôture du plan, qu'en cas de transfert du siège de la société dans un État ni membre de l'UE ni partie à l'accord sur l'EEE, le contribuable bénéficie d'une procédure de régularisation dans un délai maximum de deux mois à compter de la survenance de l’événement rendant les titres inéligibles. Cette procédure, qui a vocation à s'appliquer au cas du retrait de l'UE et de l'EEE, lui permet de choisir entre :

    • le retrait du plan des titres devenus inéligibles moyennant un versement compensatoire en numéraire d’égal montant. Toutefois, lorsque la durée de blocage du plan est satisfaite, et si le contribuable en fait la demande auprès de son établissement, un tel retrait peut être assimilé à un retrait classique n’emportant pas de versement compensatoire mais qui, dans ce cas, sera soumis aux prélèvements sociaux dans les conditions de droit commun ;
    • la cession dans le plan des titres devenus inéligibles.

    Il est renvoyé, pour l'exposé détaillé des conditions de cette procédure, à l'instruction BOI-RPPM-RCM-40-50-50-20170925 § 40, 45 et 65.